Gemma (photo DR)

 

La présence de NosEnchanteurs sur un festival ce ne sont pas seulement les chroniques rédigées sur l’instant, ce sont aussi des rencontres plus ou moins furtives, des échanges qui laisseront peu ou prou leurs traces, voire leurs empreintes. Ce sont souvent des albums que l’on nous glisse et qui, bouteilles à la mer, viennent en rejoindre d’autres en attente de notre écoute.

Voici que notre brève rencontre avec Gemma nous donne envie d’aller faire un tour dans son univers. Jeune artiste d’Auvergne, son nom a couru sur les ondes de France-Inter pendant un certain nombre de semaines à la faveur du radio crochet cher à Didier Varrod.Encouragée par les auditeurs, elle est allée « presque jusqu’au bout »… Alors, bien sûr, on se sent curieux.

Certes, sur France-Inter « on a les moyens de vous faire chanter », mais on est en droit de se demander en quoi consiste exactement ce beau slogan. Gemma elle même vous en parle avec enthousiasme. On la sent portée par cette expérience, pour ainsi dire élue, sortie de l’anonymat en un temps record, du moins c’est ce qu’elle nous affirme. Une accélération de son projet.

C’est vrai qu’elle a fait une scène au Sémaphore en février aux côtés de Jeanne Cherhal. C’est vrai que, soutenue par la Sacem et les Chantiers des Francos, elle a bénéficié de trois jours d’accompagnement de Christophe Mali (Tryo) à la Coopérative de mai, à Clermont-Ferrand. On en attend les effets car la vidéo de son passage sur France-Inter nous montre une jeune femme plutôt timide, toute habillée de sombre, une grosse écharpe grise autour du cou, yeux rivés sur le clavier. Certes il s’agissait d’un enregistrement pour la radio, mais on devine le chemin à parcourir pour acquérir une aisance scénique confirmée.

Et la voici maintenant  dotée d’un ep, carte de visite pour l’aider à trouver ses dates, comme tout chanteur en quête de scènes. Lui sera-t-il un passeport efficace, éveillera-t-il l’envie de l’inviter ? Écoutons… Très au-delà du piano voix, on y trouve des arrangements franchement agréables, riffs de guitare électrique, batterie légère, sons électro… musicalement on se laisse prendre au jeu de la belle qui distille des histoires d’amour bancales, une carte du tendre bancroche. Alors c’est vrai, même si le titre Revoir la merrecèle une dimension poignante d’enfant déchirée, on aimerait entendre d’autres thèmes, d’autres histoires.

En fin de compte on s’interroge sur ce qu’elle pourra proposer en scène. Aura-t-elle auprès d’elle au piano, une  guitare électrique, une batterie ? Se laissera-telle tenter par le goût d’une scène plus « électrique » ? Ira-elle rejoindre « juste après » l’aînée Clarika, marchera-t-elle sur les traces d’Émilie Marsh ou de Buridane ? On ne manquera pas d’aller voir de plus près le cheminement d’Estelle Bruant, alias Gemma. Après tout elle a deux L à son prénom, juste ce qu’il faut pour espérer s’envoler.

 

Gemma, ep 5 titres Juste après…, textes et musiques Estelle Bruant, réalisation, arrangements Vivien Bouchet