Barjac m’en Chante 2017 – Chansons à roulette (© Claude Fèvre)

Barjac m’en Chante 2017 – Chansons à roulette (© Claude Fèvre)

29 juillet 2017 – Festival Barjac m’en Chante 2017

Inauguration avec la Cie Mine de Rien – Chansons à Roulette

Avec Joane Reymond (chant) et Patrice Lucidarme (accordéon)


Place Charles-Guynet – Barjac (Gard)

Sous l’allée des platanes qui prennent de faux airs d’arbres à palabre — si l’on en croit les éclats de voix, les gestes amples, la joie de ceux qui se retrouvent là — sur cette place la tradition est bien gardée. C’est ici que s’ouvre le festival, aujourd’hui nommé Barjac m’en chante… Oui Barjac nous en conte des histoires qui nous rassemblent, nous font croire que nous sommes de la même famille. Et comme dans toutes les familles, parfois ça peut se chercher des noises, des poux dans la tête… Comme dans toutes les familles, on aime évoquer les anciens, ceux qui de là-haut peut-être se fendent la poire à nous voir, à nous entendre… Allez savoir ! Comme dans toutes les familles, l’année écoulée a vu la mort s’abattre sans discernement.

Elle avait un beau prénom Barbara ; il s’en est fallu de si peu qu’elle soit là avec nous sous les platanes.

On chasse la mélancolie, la tristesse, la révolte… Pas facile, on avoue.

Le temps de rappeler que la chanson est « debout, vivante », que les mots sont de curieux énergumènes, capables de tout, comme le rappelle d’édito de Jean-Claude Barens, directeur artistique : « Coudre hier à aujourd’hui, dénoncer les injustices, blâmer les puissants, célébrer l’humanisme, se gorger d’amour… » Suffit d’une voix, d’« une mélodie légère ou de rythmes charnus » pour qu’ils prennent corps et viennent cogner aux portes de nos cœurs si différents. Cette année, le festival veut que s’affiche clairement la dimension poétique de l’évènement. Alors chaque soir, chaque concert s’ouvrira sur un poème choisi et dit par l’artiste invité. Ce sera « l’instant des souffleurs de vers »… Cette initiative nous émeut. Nous enchante !

« Soyons vifs, virevoltants » soyons vivants ! C’est l’appel à la résistance de Jean-Claude Barens.

On entendra aussi les remerciements de Jean-Michel Bovy, le président de l’association Chant Libre en direction des équipes, bénévoles –ceux qui y mettent la main et le cœur sans toucher un sou ! — salariés, partenaires, festivaliers, plus nombreux encore… Et nouveaux pour une bonne part ! On entendra le discours de Monsieur le Maire, agrémenté de quelques mots d’occitan, joyeux, volontiers blagueur évoquer sa tâche d’élu, le mariage qu’il va « commettre » dans quelques minutes, ses barjacois, leurs tâches à la terre, la cueillette de la lavande ou les moissons, les vaches qui parfois s’égayent hors pâturage… Parfois si le plus souvent Barjac l’en-chante, il lui arrive de dé-chanter… Il évoque alors quelques sujets qui fâchent, sur le terrain de l’écologie notamment…

Mais aujourd’hui, l’heure est à la fête, à l’espérance.

Le 23e festival Chanson de Barjac est bel et bien ouvert. Cette année il a de quoi nous surprendre, nous séduire. Il a mis son costume d’apparat, croyez-moi, avec ses « nouveautés à la boutonnière ». On sait déjà qu’il ne sera pas possible de tout voir, tout entendre… « Rencontres de 11h moins 11H », apéros-thèmes de Midi-Cèze avec Jean-Pierre Bertomère, la remise du Prix Jacques Douai, l’hommage à Jean Vasca, des concerts — de jour comme de nuit — dans la cour de l’école, sous le chapiteau, dans la cour du château…

Barjac vit, respire Chanson pendant six jours.

On a juste eu le temps d’apercevoir, au premier étage du château où l’on va chercher ses places, deux superbes expositions de photographies de Francis Vernhet, l’une consacrée à l’évocation du Festi’Val de Marne – et c’est une fois encore à l’ombre gigantesque et familière de Jean Ferrat que l’on évoque 30 ans de chansons — l’autre en hommage à Léo Ferré, photographies noir et blanc, réunies en trois temps : Chansons de gestes, Les Hurlements d’Léo, La tentation du bonheur… Exactement le résumé de ce qui nous lie à la Chanson : le goût du spectacle vivant — un corps qui s’anime, là, devant nous — la soif de partager nos chagrins, nos peurs, nos révoltes, mais aussi notre envie de vivre, notre quête du bonheur !

Alors quoi de mieux que d’écouter des chansons au milieu des conversations qui reprennent, des embrassades, des retrouvailles. Autour de la buvette qui nous tend son rosé frais et son jus de pommes. Cette année c’est un duo de chanteurs des rues qui s’y colle. Un accordéon, celui de Patrice Lucidarme, une chanteuse, Joey Reymond, enjouée, badine, joviale… Juste ce qu’il faut de voix et d’entrain pour nous emporter dans la chanson populaire, celle qui traîne dans nos mémoires, qui nous lie, nous relie à nos histoires, à notre Histoire… On commence avec le Parapluie et Gare de Lyon… Brassens, Barbara…

La Chanson comme on l’aime…