Barjac, Scènes ouvertes de minuit trente (© droits réservés)

Barjac, Scènes ouvertes de minuit trente (© droits réservés)

31 juillet au 4 août 2016  – Barjac m’en Chante, Scènes ouvertes de minuit trente

Chapiteau – Barjac (Gard)

On ne saurait refermer l’album de cette édition sans parler des scènes ouvertes. Ni in, ni off, justes ouvertes sur l’improbable, l’imprévisible. C’est sous le chapiteau que se déroulent ces plateaux impromptus où défile chaque soir une douzaine d’artistes pour une ou deux chansons.

Cette année, la nouveauté consiste à leur donner un minimum d’organisation sous la houlette de Roxane Joseph, directrice du Centre de la chanson. On a vu aussi, souvent à ses côtés,  Gilles Tcherniak, figure incontournable du Forum Léo Ferré d’Ivry.  Il suffit de s’inscrire. Pas de sélection. Mais, de fait, l’ordre de passage favorise plutôt ceux qui passeront vers 1h du matin… Le temps de descendre de la cour du château, de boire un verre…ou deux, ou davantage… Le public est donc un peu plus fourni à cette heure là.

Il faut le dire, ce chapiteau et ses alentours ce sont des  lieux de retrouvailles, papotages, bavardages, surprises aussi. C’est l’occasion de retrouver des chanteurs qui ne sont pas programmés, qui l’ont été par le passé, qui le seront peut-être un jour… Certains sont particulièrement attentifs aux autres, se proposent pour accompagner un copain, une copine. On vient au chapiteau pour croiser son univers avec celui des autres, connus, pas connus… On le partage pour le simple bonheur d’être là. A Barjac.

On a ainsi croisé  Coline Malice, Laurent Berger, Paul Meslet, Dominique Babilotte, Jean-Sébastien Bressy, Lily Luca, Martine Scozzesi, Viviane Boris, Nathalie Lillo… Eric Frasiak qui est venu en festivalier fidèle et acceptera de remplacer au pied levé Marie Coutant empêchée. Et jamais très loin on reconnaît la silhouette familière d’Anne Sylvestre, toujours aussi attentive aux chansons des autres.

Y aura-t-il une suite pour ceux  qui espèrent être ainsi être remarqués ? Comment le savoir ? L’heure n’est pas à cette conjecture. Pour notre part, impossible d’être là chaque soir. L’écriture et ses exigences nous en empêchent. Mais on aime particulièrement ces moments là de partage qui parfois nous offrent d’apercevoir un petit bout de projet qui en dit long…

En quittant Barjac, pendant le trajet en voiture voilà que s’agitent dans la tête des envies, des idées, des noms… ceux que l’on a revus, ceux que l’ont n’a pas revus depuis longtemps… Que sont-ils donc devenus ? On imagine un évènement qui regrouperait des chanteurs au piano, seuls…parce que le solo au piano, c’est beau…  ceux qui, comme Jean-Sébastien Bressy nous donnent furieusement le goût d’aimer et d’être aimé(e) tout en tendresse, en caresses… On inviterait aussi Cyril Romoli, Olivier Galinou, Nicolas Fraissinet… Et puis, l’instant d’après, comme le revers d’une même médaille, on pense à toutes ces filles d’aujourd’hui qui parlent si bien du sort injuste fait aux femmes. Elles mettent les pendules à l’heure, mordent, griffent avec tellement d ‘aisance et de talent, comme on aurait voulu savoir le faire quand il l’aurait fallu… On pense à Lily Lucas, Jeanne Plante, Gaëlle Vignaux, Emilie Marsh, Buridane, Emilie Perrin La reine des aveugles… Bien sûr, c’est juste un rêve…

Vous l’aurez compris, en quittant Barjac nos pensées s’habillent de souvenirs chansonniers… On se dit que d’autres festivaliers à cette heure en font peut-être autant, prolongeant le voyage qui leur a été offert, prêts à répandre la bonne nouvelle, les noms des chanteurs qui les ont enchantés. Longtemps, longtemps après que le festival s’est achevé,  les chansons courront encore  dans les rues…  On veut y croire…